Vous consultez actuellement Handicap au CEA : le taux d’emploi progresse, les recrutements restent à faire

Handicap au CEA : le taux d’emploi progresse, les recrutements restent à faire

Le 22 octobre, la direction a présenté le bilan de l’accord handicap 2024-2026 en ouverture de la négociation du futur accord. Les chiffres sont en progrès, mais ils ne disent pas tout. La CFE-CGC SICTAM, représentée par Roland Novallès, Anthony De Luca et Diane Couraud, a défendu une ligne simple : des objectifs chiffrés, des dispositifs qui fonctionnent et des droits que les salariés n’ont pas à aller chercher.

5,93 %taux d’emploi de travailleurs handicapés en 2025, pour un objectif légal de 6 % 46 / 90recrutements en CDI réalisés en 2024-2025 sur les 90 prévus par l’accord 466reconnaissances de handicap déclarées depuis l’entrée en vigueur de l’accord

Un accord sans objectifs, c’est un accord sans engagement

La CFE-CGC SICTAM a ouvert la séance en interpellant la direction sur la suppression des objectifs et sur le calendrier de la négociation. Pour nous, des engagements chiffrés et un calendrier tenable sont ce qui donne sa force à un accord : ils permettent de mesurer les progrès et de demander des comptes.

Toutes les organisations syndicales se sont associées à notre intervention. C’est un signal clair adressé à la direction avant les prochaines réunions.

Une hausse portée par les déclarations, pas par les embauches

Le taux d’emploi du CEA est passé de 4,09 % en 2020 à 5,93 % en 2025. C’est une bonne nouvelle. Mais cette progression repose d’abord sur les salariés déjà en poste qui ont fait reconnaître leur handicap : 162 déclarations en 2024, 212 en 2025 et 92 depuis le début de 2026.

Côté recrutements, le compte n’y est pas. Sur les 90 embauches en CDI prévues par l’accord, 46 ont été réalisées en deux ans et seulement 11 en 2026 à ce jour. Les conversions de contrats temporaires en CDI plafonnent autour de 10 %. Et comme la moitié des situations de handicap apparaissent après 50 ans, les départs à la retraite à venir pèseront sur les effectifs.

Le mentorat : un dispositif sur le papier

L’accord prévoit un mentorat pour accompagner les salariés en situation de handicap. La direction reconnaît qu’il est « pas ou peu utilisé », sans avoir cherché à comprendre pourquoi.

Ce que nous avons dit

Maintenir un dispositif dont on est incapable de montrer l’efficacité, c’est prendre le risque qu’il ne serve à rien. L’accompagnement fonctionne quand il est spontané ; il s’essouffle dès qu’on le formalise sans moyens ni suivi. La direction renvoie à un livret qui décrit la fonction. Un livret ne suffit pas : il faut évaluer le dispositif et le repenser.

Retraite : un droit qui devrait être automatique

Quand un salarié handicapé passe à temps partiel sur prescription de la médecine du travail, le CEA prend en charge la totalité du différentiel de cotisation retraite. En 2026, 224 salariés en bénéficient, pour 307 travailleurs handicapés à temps partiel. L’écart s’explique simplement : il faut en faire la demande, et le système d’information ne sait pas repérer seul les temps partiels liés au handicap.

Ce que nous demandons

C’est à l’outil de s’adapter, pas au salarié de porter la charge de la démarche. En attendant, la CFE-CGC SICTAM demande à la DRHRS une information large pour que tous les salariés mis à temps partiel pour raison médicale bénéficient de leur droit à cotisation complète, avec le différentiel pris en charge par le CEA.

Des chiffres, mais pas les bons indicateurs

La direction annonce 70 managers formés en 2023, 89 en 2024 et 83 en 2025. Sans la part que cela représente dans l’ensemble de l’encadrement, impossible de savoir si la sensibilisation progresse ou reste marginale. Nous avons demandé ce pourcentage.

Même constat pour la formation des salariés eux-mêmes : 55 % des salariés handicapés ont été formés en 2025, contre 68,4 % pour l’ensemble du personnel. Côté budget (1,7 million d’euros par an), le maintien dans l’emploi représentait près de la moitié des dépenses en 2025, mais seulement 5 % à ce stade de 2026. Ces écarts méritent des explications.

Pour le futur accord, la CFE-CGC SICTAM portera

  • Des objectifs chiffrés et un calendrier réaliste, sans quoi l’accord perd sa capacité d’engagement.
  • Des droits automatiques chaque fois que c’est possible, à commencer par le différentiel de cotisation retraite.
  • Un mentorat évalué et repensé, plutôt qu’une ligne de l’accord sans effet.
  • Des indicateurs utiles : part des managers formés, délais de réalisation des aménagements de poste, écart d’accès à la formation.
  • Un texte clair, avec la définition des bénéficiaires dans le corps de l’accord et une seule terminologie, « travailleur en situation de handicap » ou « travailleur handicapé », appliquée partout.

Reconnaissance du handicap, aménagement de poste, temps partiel, autorisations d’absence : vos élus CFE-CGC SICTAM sont à votre disposition pour vous informer sur vos droits et vous accompagner dans vos démarches. Nous vous tiendrons informés de la suite de la négociation.

L’indépendance des idées,
la cohérence des actions