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Salaires au CEA : l’intersyndicale reçue par la conseillère du Président de la République

Le 9 octobre, au CEA CESTA, l’intersyndicale du CEA a rencontré pendant plus d’une heure Marina Caillaud, conseillère industrie et participations publiques du Président de la République, en marge de la visite d’État. Un seul objectif : convaincre l’État qu’il faut revoir les salaires au CEA.

Un constat partagé : 15 ans de gel, 30 % de pouvoir d’achat perdu

La valeur du point est gelée depuis 2010. Sur la même période, l’inflation mesurée par l’Insee atteint environ 30 %. Depuis des années, les NAO se soldent par zéro ou presque, et 2026 s’annonce comme une nouvelle année blanche. La CFE-CGC Sictam a indiqué partager pleinement ce constat.

Le système de rémunération repose sur deux piliers : les avancements individuels et les augmentations générales. Le second n’existe plus depuis plus de 15 ans, et le système est devenu bancal. Les avancements individuels reconnaissent le travail et les compétences, pas l’inflation. Les mesures unilatérales ont aussi créé des incohérences : un nouvel embauché peut aujourd’hui être payé autant qu’un salarié de 15 ans d’expérience, à qui l’on demande pourtant de le former.

Des compétences qui s’en vont

Orano, EDF et TechnicAtome viennent recruter au CEA, et les bas salaires partent chez des concurrents « qui savent les payer ». Aux démissions s’ajoute une « démission passive » qui s’installe. Dans un organisme de recherche où la transmission des savoirs entre anciens et nouveaux est essentielle, chaque départ fragilise la continuité des missions de l’État, civiles comme militaires.

Les salariés comprennent d’autant moins la situation que le CEA figure parmi les organismes de recherche les mieux cotés et qu’ils répondent toujours présent, notamment pour la Dissuasion. Les contrats passés avec les industriels intègrent l’inflation, alors que leurs propres salaires n’évoluent pas.

Le blocage : l’absence de cadrage des tutelles

Le CEA identifie des marges, mais n’obtient jamais l’autorisation de les consacrer aux salaires. Pour 2026, la direction avait dégagé 13 M€, et les tutelles n’ont pas donné leur accord pour les verser aux salariés. Le CEA ne demande pourtant pas d’augmentation de budget au-delà de 1,9 %.

Nos demandes

  • un vrai cadrage financier pluriannuel, dès 2026, pour ouvrir de réelles négociations ;
  • la revalorisation de la valeur du point, avec le rattrapage des 30 % perdus ;
  • une enveloppe de l’ordre de 500 M€, pouvant s’étaler sur 3 ans ;
  • un rendez-vous à Bercy « au bon étage », avec le ministre du Budget ;
  • une consigne du Président de la République autorisant le CEA à consacrer aux salaires les marges qu’il identifie.

Et maintenant ?

La conseillère a confirmé l’intérêt de l’État pour l’activité du CEA et reconnu la nécessité d’un suivi, avec un rendez-vous à venir. Après la rencontre, la CFE-CGC Sictam a pu échanger avec l’administratrice générale, la DRHRS, la DRH de la DAM et le directeur des applications militaires.

Le rendez-vous avec le ministre du Budget reste à obtenir, et la réponse sur le cadrage des tutelles est attendue. La CFE-CGC Sictam restera mobilisée et vous tiendra informés.

Vos représentants CFE-CGC Sictam : A. De Luca, C. Journot, R. Novalles.